R1.SAB.14 Qualité et microbiologie alimentaire - SAE1.SAB.03 - BUT 1 SAB
Projet individuel ou binôme : Introduction à la sécurité sanitaire et aux dangers microbiens dans l'agroalimentaire
Question 1.2 - Les dangers biologiques : tableau des cinq bactéries pathogènes
Noms : Jean GAUCHER et William IBERT Groupe de TP : …………… Date : …… / 09 / 2026
Nom de la bactérie Principaux aliments associés Symptômes provoqués Mesure de prévention principale
Salmonella spp. (surtout S. Enteritidis et S. Typhimurium) Œufs et ovoproduits crus ou peu cuits : mayonnaise maison, mousse au chocolat, tiramisu (environ 45 % des TIAC dont l'aliment a été identifié) ; viandes de volaille, de porc et de bœuf, en particulier hachées (30 %) ; lait cru et fromages au lait cru (9 %). Plus généralement, tout aliment cru ou insuffisamment cuit. Gastro-entérite après une incubation de 6 à 72 h (le plus souvent 12 à 36 h) : diarrhée, douleurs abdominales, fièvre, nausées et vomissements. Guérison spontanée en 3 à 5 jours. Formes invasives possibles (septicémie) chez le nourrisson, la personne âgée ou immunodéprimée. Cuisson à cœur des viandes et des œufs (au moins 70 °C). Compléments : respect de la chaîne du froid, lavage des mains après manipulation de produits crus, séparation du cru et du cuit, préparations à base d'œuf cru consommées immédiatement et conservées au froid.
Listeria monocytogenes Produits prêts à consommer et conservés longtemps au froid : charcuterie cuite (rillettes, pâtés, jambon à la coupe), fromages à pâte molle au lait cru à croûte fleurie (camembert, brie) ou lavée (munster), poissons fumés, produits de la mer crus, graines germées et végétaux crus prêts à l'emploi. Incubation très variable : de quelques heures à 4 jours pour la forme gastro-entérique (fièvre, nausées, diarrhée), mais jusqu'à environ 70 jours (médiane 28 jours) pour la forme materno-néonatale. Formes graves chez les personnes à risque : septicémie, méningite, méningo-encéphalite ; chez la femme enceinte, avortement, accouchement prématuré ou infection néonatale. Létalité de 20 à 30 % des formes graves. Respect strict de la chaîne du froid (réfrigérateur réglé à +4 °C au maximum) et des DLC, car cette bactérie se multiplie encore au froid. Compléments : nettoyage régulier du réfrigérateur, réchauffage à plus de 70 °C à cœur, éviction des aliments à risque pour les femmes enceintes et les immunodéprimés.
Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC / EHEC) Viande de bœuf hachée insuffisamment cuite (steak haché) ; lait cru et fromages au lait cru ; végétaux crus (graines germées, salades) ; jus de fruits non pasteurisés ; eau non traitée. Réservoir naturel : le tube digestif des ruminants (bovins, ovins). Incubation d'environ 3 jours (1 à 10 jours). Diarrhée souvent sanglante (colite hémorragique), douleurs abdominales intenses, peu ou pas de fièvre. Complication grave, surtout chez l'enfant de moins de 15 ans : syndrome hémolytique et urémique (SHU) - anémie, chute des plaquettes et insuffisance rénale aiguë pouvant laisser des séquelles. Cuisson à cœur de la viande hachée (au moins 70 °C, plus de jus rosé au centre). Compléments : pas de lait cru ni de fromage au lait cru pour les enfants de moins de 5 ans, lavage soigneux des légumes et des herbes, lavage des mains après contact avec des ruminants, séparation du cru et du cuit.
Staphylococcus aureus (et ses entérotoxines) Aliments manipulés ou recontaminés après cuisson : produits carnés cuits et tranchés, plats cuisinés, salades composées (riz, pommes de terre), pâtisseries à la crème ; lait cru et fromages, dont c'est la première cause de TIAC. Réservoir : nez, gorge, peau et plaies de l'homme (environ 30 % de porteurs sains). Incubation très courte : 30 min à 8 h, 3 h en moyenne. Nausées suivies de vomissements violents « en fusée », douleurs abdominales, diarrhée, vertiges ; peu ou pas de fièvre. Guérison en 18 à 24 h. Aucune contagiosité : c'est la toxine déjà formée dans l'aliment qui rend malade, pas la bactérie elle-même. Hygiène des mains et protection des plaies, coupures et panaris par un pansement étanche ou des gants. Compléments : respect de la chaîne du froid et refroidissement rapide des plats cuisinés (moins de 2 h). Attention : l'entérotoxine est thermostable, la cuisson ne la détruit pas.
Campylobacter jejuni et C. coli Viandes de volaille crues ou insuffisamment cuites, première source identifiée (carcasses et produits de découpe) ; contaminations croisées à partir de la volaille crue en cuisine ; viandes de boucherie ; lait cru ; eau non traitée. Cuisson au barbecue reconnue comme facteur de risque. Incubation de 2 à 5 jours (1 à 8 jours). Diarrhée (85 % des cas), douleurs abdominales (79 %), fièvre (50 %), céphalées (41 %), selles sanglantes (15 %), vomissements (15 %). Durée de 3 à 4 jours. Complications : arthrite réactionnelle, inflammation intestinale chronique et syndrome de Guillain-Barré (paralysie ascendante). Cuisson suffisante des volailles (plus de 65 à 70 °C à cœur, chair non rosée, y compris à la jointure de la cuisse). Compléments : lavage soigneux des mains après manipulation de viande crue, planches à découper dédiées, nettoyage immédiat des ustensiles, pas de volaille crue (carpaccio, tartare).